Je trouve regrettable cette idée selon laquelle il serait légitime d’agresser physiquement quiconque est suffisamment choquant pour susciter l’opprobre. Il s’agit ni plus ni moins que de dictature décentralisée, où la société exerce son oppression sans policiers ni tribunaux, par le poing, la barre de fer et parfois le feu. C’est aussi comme cela que se comportaient fascistes et nazis avant d’arriver au pouvoir, et ce, dans l’indifférence quasi-générale car celui qui aurait mis en garde contre seulement le dixième des crimes qu’ils allaient commettre serait passé pour un aliéné.
Celui qui frappe celui qui parle ne combat pas le totalitarisme, il en est un agent.
Il est intéressant de voir que souvent ceux qui se proclament défenseurs de la démocratie sont parmi les plus prompts à pratiquer la censure. Il existe clairement des discours auxquels on ne répond jamais par l’argumentation se contentant d’éluder le problème avec un “il peut pas dire ça” alors que manifestement, si, il peut. Ou mieux encore on place le revers de la main dans la tête de l’agitateur de conscience. Alors en créant des tabous et en s’érigeant en mentors tyranniques plutôt qu’en guides socratiques et ce dès l’éducation des jeunes, on rate je crois le but qu’on se propose en créant, soit des révoltés (Jean-Edouard Nabe), soit des débiles profonds ( les deux autres auteurs à Apostrophes + l’agresseur ). Je dis débiles parce que j’ai été choqué par le comportement des intervenants sur le plateau de Pivot, qui mis à part glousser, lancer des attaques ad hominem, et utiliser des arguments d’autorité, sont visiblement incapables d’argumenter. Ce qui est l’aboutissement de prévisible quand on accepte les conclusions des autres sans même les remâcher, sans même essayer de comprendre comment ceux qui donnent une morale toute faite l’ont construite.
En conclusion j’ajouterai que j’ai détesté devoir quitter ma position de neutralité chérie, pour me placer plus d’un côté que de l’autre mais parfois il est bon de rappeler que l’esprit critique et l’émancipation des mentors, est censé être l’apanage de la France depuis le siècle des Lumières.
Je suis extasié par la façon dont tu t’exprimes comme Stendhal devant le Code Napoléon. :s035-ccad2:
Si tu es élève en CAP Horlogerie, moi je suis la réincarnation de Jean Carbonnier.
Pourrait-on savoir, de grâce, qui se cache-t-il derrière ce nom de plume si exotérique?
Quant à la veste autrichienne, notre ami Marc-Edouard Nabe pourrait profiter de ses liens avec mon pays pour programmer une vacance sur la neige à Cortina d’Ampezzo, où il pourra trouver aussi ce qu’il cherche. Et sans risquer de tomber sur M. Benamou à qui, grâce à Madame Carla Bruni-Sarkozy, l’on a bien voulu refuser l’Académie de France.
Merci de m’avoir donné la chance de me plonger dans des objections si bien argumenteés, de surcroît libelleés dans une langue de Racine absolument impeccable.
L’exercice aura été instructif, pour moi aussi, si tant est que votre message ne soit pas d’un second degré machiavélique. J’ai ainsi appris qu’en lançant ce genre de débat on reçoit en guise de réponses des “XXXXXX” ou des prophéties sur le destin de la discussion avant même qu’elle soit close (“Avant la poubelle”) mais pas vraiment de réponse construite à la thèse que j’avance et que je n’estime pas, fort heureusement, infaillible ou indiscutable. Je sens aussi comme un regard pesant sur ma nuque m’attendant à recevoir à tout moment en pleine tête le premier “facho” ou le premier coup de poing de ma jeune existence. Et cela me fait froid dans le dos de penser que je puisse récolter ce genre d’épithète si facilement, pour avoir juste appelé à ne pas condamner sans avoir lu. Je n’ai pas lu Nabe, je le ferai éventuellement afin de me forger un avis qui ne soit pas celui d’un autre ou qui ne soit pas une opinion tirée de trois phrases sorties du contexte. J’ai juste lu un de ses tracts sur l’euthanasie et je dois admettre que malgré le ton provocateur je suis assez en phase avec lui. De là mes frissons dans le dos redoublent me disant que peut-être que sans le savoir partager son opinion sur le sujet de l’euthanasie fait de moi un facho par concomitance.